Aujourd’hui, Lynda et moi avions prévu nous rendre à Nuevo Vallarta pour y retrouver France L. Nous souhaitions visiter son condo et ensuite, aller dîner à Bucerias avec elle. Nous nous sommes préparées pour prendre l’autobus vers 8 h 30 – 9 h, car nous avions rendez-vous avec elle vers 10 h au Walmart de Nayarit. Avant de partir, j’avais lu le message de Serge Loriaux sur le groupe Le Petit Québec de Puerto Vallarta. Il mentionnait d’attendre avant de sortir dans les rues de Puerto Vallarta. Il précisait aussi le contexte de cet avertissement. Comme nous allions à Bucerias, nous avons jugé que ce message ne nous concernait pas.
En nous dirigeant vers l’arrêt d’autobus, nous avons vu des panaches de fumée que nous avons trouvés bizarres. De plus, une femme anglophone nous a dit que la police leur avait dit de retourner à leur hôtel. Une fois rendues sur la route 200, nous avons constaté que les rues étaient trop vides. Nous avons aussi vu une voiture en feu, à notre droite dans la rue Berlin. À ce moment-là, nous étions moins à l’aise d’aller plus loin. Cependant, on ne se sentait pas en danger. On a même pris le temps de prendre des photos. Puis, nous sommes retournées tranquillement à l’hôtel, en nous disant que nous nous reprendrons dans les prochains jours et que nous allions profiter de la piscine aujourd’hui. Arrivées à l’hôtel, on a remarqué que des employés barricadaient l’entrée de la partie Villa Vallarta de l’hôtel. On s’est dit qu’il serait important d’aviser nos familles et nos amis que nous étions en sécurité.








Nous nous sommes préparées pour aller à la piscine et nous avons écrit à notre monde. Voici mon message Messenger et Facebook de 11 h 05 : « Concernant les événements qui se passent à Puerto Vallarta entre la police, l’armée et les narcotrafiquants de drogue, je suis en sécurité à l’hôtel. Toutes les rues principales sont barrées. On ne peut pas sortir, alors ne vous en faites pas. » Notre message était plus rapide que les nouvelles du Québec, car notre monde n’avait pas encore été informé de la situation. J’ai aussi écrit ceci sur le groupe Messenger familial : « J’ai pris ces photos ce matin. Aujourd’hui, je devais aller voir une amie, France L., à Bucerias. On va faire ça une autre journée. On reste à l’hôtel, aujourd’hui. On est barricadé. » Mais en vrai, nous étions confinées, mais pas barricadées. Seule une entrée était barricadée.


Plus les minutes s’écoulaient, plus la situation évoluait rapidement de notre point de vue. Nous étions à l’affût de toutes les nouvelles qui pouvaient nous permettre d’en apprendre plus. À 13 h 15, on a reçu la consigne de rester dans nos chambres. J’ai quitté la piscine où j’étais en espérant croiser Lynda qui était allée manger. Avant de me rendre à ma chambre, je suis montée à l’étage le plus haut du côté de la ville, pour voir s’il y avait davantage de panaches de fumée. J’ai pris quelques photos et je suis partie à ma chambre. J’ai écrit à ma famille : « Je suis en sécurité à l’hôtel et confinée dans ma chambre depuis 13:15. »




C’était étrange de voir la grande piscine vide. Dans le lobby de l’hôtel, plusieurs personnes étaient en attente avec leurs valises. Ç’a été ainsi une grande partie de la journée. Tout le monde semblait calme. Je suppose qu’ils attendaient d’obtenir une chambre puisqu’ils ne pouvaient pas prendre leur avion. Plusieurs avions étaient retournés au Québec, sans laisser descendre les passagers, à cause de la situation.



Un peu plus tard, j’écrivais : « Le dépanneur OXXO à côté du Tacho’s est actuellement en feu. Au Tacho’s, ils ont fait déplacer tous les VR qui étaient au bord du mur ainsi que les VR en face du mur. »

Pendant notre confinement à la chambre, je cherchais à obtenir des nouvelles fiables de la situation. J’ai découvert que les nouvelles en provenance de Reporte Diario Vallarta, de Gobierno municipal de Puerto Vallarta et de Serge Loriaux sur le groupe Facebook Le Petit Québec de Puerto Vallarta étaient les plus fiables. Il y avait tellement d’images truquées par l’IA qui circulaient que c’en était aberrant. Une des images montrait le centre-ville de Puerto Vallarta où plusieurs bâtiments, dont la cathédrale, étaient incendiés. Pourtant de notre hôtel, on ne voyait pas les panaches de fumée qui auraient dû se trouver de ce côté si cela avait été véridique.



En écoutant une entrevue à Ici Radio-Canada, j’ai été éberluée d’entendre un Québécois, Yves B., dire des faussetés. Il mentionnait que des gens, dont des femmes et des enfants, avaient été tués un peu partout. Il parlait de cas qu’il n’avait pas validés et il prédisait qu’il y aurait des affrontements entre l’armée et le cartel. J’étais outrée, car je me disais que les gens du Québec le croiraient et qu’ils seraient inquiets de notre sort. J’ai donc écrit à ma famille : « L’homme qui parle aux médias du Québec dit des choses fausses. S’il était resté chez lui, au lieu de vouloir voir tout ce qui se passait, il n’aurait pas été agressé par le cartel. Plusieurs images qu’on voit sur Facebook sont fausses. À part, des dépanneurs OXXO, aucun bâtiment n’a été incendié. »
À 16 h 20, j’écrivais : « Nous avons reçu un avis du gouvernement mexicain qui nous demande de ne pas répandre de rumeurs et d’éviter de partager des messages, des audios ou des informations non confirmées susceptibles de susciter l’alarme ou la désinformation. » Presque en même temps, le gouvernement a publié des images avec la mention « FALSO » imprimée dessus.

À 16 h 50, nous n’étions plus confinés à nos chambres, mais le demeurions à l’hôtel. Néanmoins, personne n’est venu nous en aviser. Pour le savoir, il fallait être curieux et se promener dans l’hôtel. C’est ce que je faisais. À 17 h 15, j’écrivais à ma famille : « Ici, tout semble se stabiliser. Du moins, à l’hôtel, on reprend nos activités. Les hélicoptères volent très bas. » Au restaurant-buffet, il y avait une grande file d’attente pour aller manger.



Tout au long de la journée, les gens du Québec ne m’ont pas semblé trop inquiets. Je crois que je les ai rassurés. On se sent bien à l’hôtel. Toutefois, on voit bien que les employés sont de plus en plus fatigués. Ça se passe, somme toute, convenablement et sans fébrilité. J’espère que demain ce sera plus calme.



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